Environnements sonores 4 – 1996-99
Houc, Hierre, Liron

Ces années constituent la période d’aboutissement de mes recherches sur les environnements sonores. Avoir obtenu des moyens conséquents m’a permis de réaliser des installations offrant le maximum d’effets tactiles et multi-sensoriels aux visiteurs et avec parfois une réintroduction de la musique dans les projets les plus vastes.

 

1996

 Houc

du 22 11 au 20 12 1996 École d’architecture de Normandie, Darnétal, dans le cadre du festival Tramway.

Environnement sonore pour 5 conteneurs convergents, rayonnants selon un angle de 30 ou 72°

 

HOUC   32 : 03

 

Le festival devant se tenir à Rouen initialement dans le Hangar 23, près d’un des terminaux conteneurs du port autonome, le projet se monte dans l’optique d’utiliser des conteneurs.

 

Ce choix est également déterminé par les enseignements tirés de mes expériences précédentes. Le conteneur par ses proportions est particulièrement bien adapté à mon travail. Il est étroit et long : en forme de couloir, il permet à la fois la circulation et une écoute de proximité. Sa forme et ses caractéristiques physiques en font un grand résonateur dans lequel est placé le visiteur.

Mes travaux précédents déployés dans des “ immeubles ” ne pouvaient être explorés que dans leur concavité. Les conteneurs par la minceur de leur coque permettent une exploration et une écoute à la fois concave et convexe.

L’organisation radiale implique une visite successive des différents modules et crée un espace central dans lequel se rencontre les murmures des différents conteneurs.

De conception industrielle, le conteneur permet d’évacuer toute velléité d’esthétisme romantique.

Tous ces éléments en ont fait un support idéal pour la réalisation d’un nouvel environnement sonore.

Dans chaque conteneur est déployé un grand nombre de haut-parleurs sur lesquels sont diffusée la musique en multipiste. Houc travaille à la fois sur une masse sonore entraînée par la quantité des points de diffusion et par la musique présentée diffractée en multipiste, et à la fois sur une musique induite.

Houc n’est pas un concert transposé, dans lequel il serait possible de se  déplacer. Houc est un environnement sonore. La musique n’y est pas seulement utilisée dans un but de diffusion. Elle est utilisée pour interroger les matériaux du conteneur. Les haut-parleurs placés au sol ou contre les parois, en contact avec le conteneur, ne vibrent pas contre, mais avec lui. Les fréquences graves de la musique par l’intermédiaire de la membrane et de la carcasse des hauts parleurs, font entrer en résonance les matières du conteneur : le bois et l’acier.

 

 

1997

Hierre

08 au 22 février 1996 CREDAC, Ivry sur seine.

Une salle de 19m sur 5 et sa sortie de secours : escaliers et couloirs.

Salle d’exposition.

La salle est dans la pénombre. Seule, une lumière au fond, se reflète sur le sol luisant. De l’entrée, la salle semble vide.

ENV-Hierre-Metal-sol-39

Hierre, salle principale

La salle est baignée d’une musique douce et profonde, très grave : un drone.  Le public en marchant fait crisser le sol qui est recouvert de milliers de petites plaques d’acier. Du fond, de l’endroit d’où sort la lumière, provient une rumeur. Le visiteur qui se dirige vers la lumière ne remarque pas la source sonore qui est placée de part et d’autres des marches de l’entrée, au sol (les sons graves ont la faculté de se propager loin et la particularité de ne pas permettre de localiser leur source d’émission).

 

Hierre   16 : 39

 

L’escalier de secours

Les portes de l’issue de secours sont ouvertes. Plus loin, en face une lumière intense sort de l’entrebâillement d’une porte. Pour entrer dans le couloir de secours le public doit monter une marche et avancer sur un plancher constitué de palettes industrielles assemblées. Ce plancher est légèrement instable, du moins souple. Des haut-parleurs sont placés dessus (coté du mur droit) et le font vibrer doucement en émettant des sons graves qui oscillent. L’issue de secours en forme de couloir est d’une configuration particulièrement bien adaptée à mes environnements sonores. Dans une telle salle, le visiteur est toujours à proximité d’un haut-parleur. Ne pouvant jamais être loin de la source sonore, il est inutile de diffuser à fort volume.

Hierre, la sortie de secours

Hierre, la sortie de secours

Par intermittence, des sons brefs proviennent du fond du couloir. Pour s’en rapprocher, le visiteur doit gravir les marches. Une certaine activité semble provenir de l’issue de secours et l’attire assez naturellement. Une planche est posée sur chaque marche et sur chaque planche à droite, un haut-parleur (face contre le sol) vibre. D’emblée dans le couloir de secours, le visiteur est placé dans une situation de perception active : lumière intense à l’entrée (relativement à la salle d’exposition), richesse de son et surtout sur le plancher provisoire, le visiteur perçoit les vibrations sonores par les pieds. Le haut-parleur posé à plat au sol transmet ses vibrations aux planches (La membrane posée contre la planche est légèrement comprimée par le poids de la structure métallique du haut-parleur et transmet ses vibrations au bois).

 

Arrivé en haut, à côté des sons de l’enceinte, le spectateur découvre les sons de la rue constituant une rumeur importante dont il prend alors conscience. De jour, la lumière extérieure joue le même rôle (de fil conducteur) que la musique, attirant le spectateur, toujours plus loin, toujours plus haut.

Il ne sera alors, pas nécessaire au visiteur de faire le chemin en sens inverse, ayant la possibilité de sortir par les portes de secours donnant sur la rue.

Une adaptation au béton

Les volumes des espaces proposés sont intéressants, mais la structure souterraine en béton est impossible à faire entrer en résonance. Devant cet intérêt pour l’espace, mais une impossibilité face aux matériaux (impossible de mettre en oeuvre la base même du fonctionnement de mes environnements sonores), mon attitude a été d’envisager la construction d’une structure pouvant réagir aux sons et ainsi donner naissance à un véritable environnement sonore, assemblage de palettes industrielles, sur les marches : d’une planche simple posée sur chaque marche. Sur cette structure est déployée une centaine de haut-parleurs, un par marche, et un tous les vingt centimètres, sur le plancher, le long du mur droit (en entrant).

 

 

 

 

 

Liron

28, 29 février & 01 mars 1997 Aeronef, Lille dans le cadre du festival Polymachina.

 

L’environnement placé dans le Club de l’Aéronef (la petite salle de concert) ré-agence le stock de « crash-barriers » pour les détourner de leur utilisation originale, et constituer un dédale de planchers accompagnés de rambardes métalliques.

Les haut-parleurs font donc entrer en résonance le plancher, les rambardes mais également le revêtement anti-bruit en acier des murs du club.

Liron   4 : 09

 

 

Clématite

10 au 14 juin 1997 Ancienne usine LU et futur Lieu Unique, Nantes, dans le cadre du festival Traffics/CRDC.

Pour Clématite à Nantes l’architecture a nécessité de déployer la musique en deux plans dans chacun des étages de la tour, d’une part, au rez-de-chaussée en faisant cohabiter le niveau du plancher et l’escalier dans lesquels le public circulait. A l’étage au contraire l’enjeu était de faire en sorte que le public puisse distinguer du plancher, le plan formé par le larmier, 3m au-dessus de sa tête. Il m’avait donc fallu trouver un procédé permettant de distinguer le larmier du plancher sans avoir recours à des sonorités différentes.

Les haut-parleurs fixés sur l’escalier de fonte en colimaçon par le moyen d’aimant entrait en vibration malgré sa masse colossale.

Clématite   06 : 26

 

 

1999

Houlque, diffusion à la manifestation d’art contemporain ARCO ELECTRONICO/MEDIA ART’ 99, à Madrid (Espagne) du 11 au 16 Février 1999. Commissaire : José Igués, Radio Clasica-RNE.

« Ce n’est plus ma musique qui parle, c’est ma musique qui fait parler le lieu. »

 

Interview

Une interview en anglais, centrée autour des  Environnements Sonores, par Josh Ronsen subiste sur internet sur la revue Monk Mink Pink Punk.

 

Discographie

La compilation « erratum » est malheureusement épuisée !

Un double CD récapitulatif de cette dernière période 94-96 a été préparé pour le label (US) edition… qui décida de cesser ses activités avant la parution du CD.

 

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